b r e f     h i s t o r i q u e

                                    
     Anciennes granges aux Dîmes, mentionnées dès 1195, autrefois propriété du ban de Stavelot, puis du Prince-Evêque de Liège, elles se trouvent citées en 1603 dans la description du fief qui appartenait à un certain Jean Orban.
     Les granges sont vendues en 1611 à Maître Nicolas de Limbourg qui en commande d'importantes transformations. De 1611 à 1623, les granges sont rehaussées, le corps de logis en style renaissance mosane s'étend et réunit les deux granges, fenil et écuries referment la cour intérieure. Avec l'ajout de tours d'angle et de meurtrières, l'ensemble devient un quadrilatère fortifié susceptible de se protéger des fréquentes jacqueries qui saignaient la région.
     Aujourd'hui propriété de Monsieur Falisse, elle a retrouvé toute son authenticité avec sa cour pavée, ses tours, ses meurtrières , ses granges dîmières, sa boulangerie et son four à pain. Seule la tour carrée à l'angle sud-est a été démolie vers 1950 pour faciliter la circulation automobile.
     L'aménagement récent des salles de banquet respecte le cadre historique du bâtiment.
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     Établie à la fin du VIIIe siècle sous l'empereur Charlemagne, la dîme est l'ancêtre de notre moderne denier du culte et s'étendait à toutes les productions agricoles. Elle avait pour but de subvenir aux besoins de l'Église. Tous les producteurs agricoles devaient abandonner une partie de leurs récoltes - originellement, le dixième comme l'indique son nom - non seulement les paysans mais aussi les nobles qui faisaient exploiter directement leurs terres, mais aussi les ecclésiastiques qui détenaient des biens patrimoniaux. Seuls quelques monastères étaient exempts.
     L'Église devait venir prélever sa part sur le champ et le paysan n'avait pas le droit de rentrer sa récolte tant que le dîmeur n'était pas passé. L'usage s'était établi pour en faciliter la perception, de mettre le blé en dizeaux de dix, onze, douze ou quatorze gerbes, la dernière gerbe, celle que prélevait le dîmeur, étant placée à plat sur le tas car la règle exigeait que l'ensemble du champ fut parcouru par la voiture qui enlevait la dîme.
     Pratiquement, le curé, l'évêque ou le monastère titulaire de la dîme, ne la levait pas lui-même. Il l'adjugeait aux enchères peu avant la moisson et c'était le plus souvent un gros fermier de la paroisse qui s'en rendait adjudicataire et qui après avoir payé le décimateur, levait les grains pour son propre compte.
     Outre sa lourdeur, la dîme présentait deux désavantages principaux. D'abord, elle ne profitait pas toujours au clergé local car au cours du temps, beaucoup de curés ont été dépouillés de leurs dîmes par de gros établissements religieux. Ensuite, quand le dîmeur était extérieur à la paroisse, la dîme faisait sortir des pailles du terroir et appauvrissait la fumure des terres exploitées.
     Tombée en désuétude et abolie à la fin du XVIIIème siècle, la dîme a fait partie de la vie paysanne pendant près d'un millénaire.


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Ferme de la Dîme - Jevoumont - www.dime.be - last updated on January 8th, 2012